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    Auteur : Prof. Pini-Pini NSASAY

    L’AFRIQUE UNIE REND UN VIBRANT

                                                  HOMMAGE À LUMUMBA
                                                                                                                                                                         

                                                                                                                                                                    Par Pini-Pini Nsasay

    Je ne crois pas ce que je vois. J’ai toujours pensé que ce moment historique qui marque la libération de l’Afrique tarderait à venir. Et pourtant il est là, devant mes yeux ; je n’en crois pas ».C’est ainsi que s’exprimait le jeune médecin Durotimi du Collectif Mémoire Coloniale » en ce jour de 30 juin 2015. Madame Georgine Anne Dibua Athabol, militante engagée pour la libération du Congo, manquait de voix pour exprimer son émotion immense en jour illustre. Elle criait « Qu’ilsle veulent ou non le Congo sera libéré et il l’est, voyez ce qui se passe ».Il y avait en effet de quoi s’étonner en ce mardi 30 juin 2015 quand on réalisait ce qui se passait devant ses yeux incrédules au lieu-dit « Place Lumumba de Bruxelles », situé derrière l’église Saint-Boniface à Matonge. À 19h précises ce jour-là, au moment solennel où le jeune Soiresse Njall Kalvin, incarnant le Premier Ministre Congolais honteusement assassiné, est monté sur le podium pour lire le discours historique, toute la place s’est arrêtée. Les jeunes assis aux alentours qui étaient occupés à boire de la bière se sont levés, les voitures ont arrêté de circuler,les cloches ont cessé de résonner, les oiseaux eux-êmes se sont tus. L’assistance venue nombreuse est restée accrochée aux lèvres de l’homme du jour pour entendre l’un des discours le plus écoutés au monde depuis des décennies. Le discours historique prononcé par Patrice- Emery Lumumba à Kinshasa jeudi 30 juin 1960, jour qui marqua l’indépendance de notre cher pays. Ce jour-là devant l’assistance que les deux discours précédents avaient endormi, Patrice- Emery Lumumba, du haut de sa belle stature, sans un costume impeccable, ayant une maîtrise extraordinaire, avait livré au monde une leçon de clairvoyance et de sens politique inégalée dans notre pays.

    Ce discours savamment construit se lit comme un poème d’un jeune amoureux à sa bien-aimée, le poème de Lumumba à son Congo chéri. La déclinaison est mélodieuse, déterminée,pathétique, rassurante, poétique. C’est une promesse d’une vie meilleure, comme els jeunes amoureux savent le faire. Ainsi telle une femme amoureuse, le Congo entier s’était levé et avait applaudi de deux mains cet homme illustre, l’homme à l’intelligence visible, l’homme à la force de persuasion naturelle à qui il était très difficile de s’opposer objectivement qui que l’on fût, homme ou femme, Blanc ou Noir, roi ou paysan. Pendant que certains se pourfendaient, le peuple congolais glorifiait son chef, son amoureux.

    C’est donc cette chaleur du 30 juin 1960 que l’on a ressenti ce mardi 30 juin 2015, 55 ans après le discours historique. À l’instant où Kalvin Soiresse, cet autre illustre admirateur de Lumumba, achevait sa lecture, une ovation presque divine a ampli le lieu de la manifestation, transformé en temple de la libération du Congo et de l’Afrique. Nous étions réellement le 30 juin 1960 à Kinshasa tout en étant à Bruxelles par la magie de la parole éternelle. C’est Lumumba que l’on fêtait. Car la fête du 30 juin 1960 c’est sa fête, la fête de tous ceux qui ont l’amour du Congo. Le 30 juin 2015 est aussi une journée de honte pour ceux qui l’ont lâchement assassiné. Alors qu’ils l’ont empêché de réaliser son rêve de construire un grand pays au cœur de l’Afrique, en le tuant lâchement ils ont multiplié son action de libération par million et ont fait de lui un éternel Lumumba aujourd’hui n’a plus d’âge, car il est de tous les âges.

    Très peu d’hommes sur cette terre arriveront à l’égaler. Honte au collège des commissaires, à leurs progénitures et à leurs mentors, eux, qui pour l’argent ont participé à l’assassinat de notre timonier national et ont hypothéqué notre indépendance chèrement acquise. Cette journée mémorable du 30 juin 2015 a commencé à 18h par la lecture de nombreux textes des jeunes rendant hommage à Patrice Lumumba. Après la prestation de Kalvin Soiresse, d’autres textes d’hommage ont été lu et la soirée a continué jusque tard dans la nuit par la musique et la danse. L’hommage de ce 30 juin 2015 avait été précédé trois jours plutôt par un vibrant article du journal « Le Vif » qui publiait les cinq feuillets authentiques du discours historique de Lumumba du 30 juin 1960. Sur ces feuillets on voit qu’il y a plusieurs phrases ou mots barrés comme ceux du début « Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs » remplacés par « Congolaises, Congolais, Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux ». Ainsi, comme l’a souligné l’historien belge Ludo de Witte, Lumumba en ignorant le roi pourtant présent et les autres officiels belges a fait d’eux de simples spectateurs d’un événement dont ils n’étaient plus les acteurs. La Belgique n’était plus le maître du Congo. Le Congo était donc réellement indépendant, il revenait aux Congolais, les Belges y étaient étrangers des simples amis. C’était donc une véritable révolution que Lumumba tout seul accomplissait ainsi. Il réalisait dès lors sa vision clairvoyante et sa prophétie d’une Afrique nouvelle, libérée du joug colonial. Qui d’autre l’aurait fait sinon lui ?
    Estimons- nous privilégiés, nous qui sommes descendants d’un homme aussi providentiel. Quel pays magnifique que ce Congo, celui de Lumumba !


    Vive Patrice Lumumba
    Vive le Congo Indépendant
    Vive l’Afrique libérée.
    Ingeta !

    Bruxelles, 02 juillet 2015. Pini-Pini Nsasay

    Le Kongo honore son digne fils : le docteur Jean-Jacques Muyembe Tamfum

                          Une consécration historique au sommet de l'État

                                                                                                                  Prof. Pini-Pini Nsasay

    Le samedi 27 juin 2026, à la Cité de l’Union africaine, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a élevé le professeur Jean-Jacques Muyembe Tamfum au grade de Commandeur de l'Ordre national du Léopard, au nom de la République toute entière. Cette distinction suprême vient parachever une longue série de récompenses internationales honorant le célèbre virologue congolais.
    Pour mémoire, en février 2025, l'ambassade de France à Kinshasa l'avait fait chevalier de la Légion d'honneur. Quelques semaines plus tard, le 28 mars 2025, il recevait un doctorat honoris causa de Sorbonne Université. Ce titre académique prestigieux lui avait déjà été octroyé par
    l’Université Harvard de Boston le 27 mai 2022, ainsi que par d’autres institutions de premier plan à travers le monde, notamment l’Université de Montpellier (France) en 2022 et l’Université d'Anvers (Belgique) en 2019.

    Un palmarès scientifique d'envergure mondiale
    Dans son parcours académique et professionnel, le docteur Muyembe a accumulé un nombre impressionnant de prix internationaux prestigieux. Récemment, il s'est vu attribuer le Prix Virchow (2026), une distinction majeure dotée de 500 000 euros. Ce prix s'ajoute à une liste
    d'honneurs exceptionnels :
    Le Prix des Leaders de la Santé Mondiale de l’OMS (2023), décerné par le Directeur   général de l’Organisation mondiale de la             santé     pour l’engagement de toute une vie.
    .  Le Prix Hideyo Noguchi pour l'Afrique (2019), remis à Tokyo par le Premier ministre   du Japon, Shinzō Abe, en reconnaissance de        ses efforts de recherche et de formation de la   jeune génération de scientifiques.
    Le Prix Christophe Mérieux (2015), attribué par l'Institut de France au nom de la    Fondation Christophe et Rodolphe Mérieux,              pour      soutenir ses recherches sur les maladies    infectieuses.
    .  Le Prix Afrique de la Royal Society de Londres (2015), saluant ses travaux fondateurs    sur les fièvres hémorragiques virales.
     . Le Prix d'excellence pour l'ensemble de ses réalisations (2015), reçu lors du    Symposium international sur les filovirus de                  l’Université du Texas (États-Unis).


    Par ailleurs, les médias de référence mondiale ont également célébré son impact. En 2020, le Time
    Magazine l’a classé parmi les 100 personnalités les plus influentes de la planète, tandis que la revue Nature l’avait inscrit, dès 2019, sur sa liste exclusive des 10 scientifiques qui comptent dans le monde.

    Aux origines de la découverte : le débat sémantique autour d'« Ebola »
    Ces titres et distinctions consacrent une carrière de chercheur amorcée en 1973 en tant que professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Kinshasa. C’est à partir de cette institution que les travaux du professeur Muyembe l’ont propulsé sur le devant de la scène internationale lors de l’apparition, au Congo, de la terrible fièvre hémorragique virale (FHV). Une pathologie aujourd'hui appelée abusivement « Ebola », du nom d’une rivière millénaire de la région de Yambuku qui n’a pourtant aucun lien étiologique avec le virus responsable de la maladie.
    Pour moi, cette appellation constitue une erreur historique de la part du professeur Peter Piot de l’Université d’Anvers, qui a délibérément choisi un nom jetant l’opprobre sur toute une région et sur un pays. J’appelle fermement la communauté scientifique mondiale à corriger cet impair épistémologique.

    1995 : L'épopée de Kikwit et le témoignage du terrain
    Après l’épisode de Yambuku, c'est principalement la ville de Kikwit qui a contribué à projeter la renommée du professeur Muyembe Tamfum à travers le monde, lors de la résurgence de l'épidémie en 1995. J’y étais, et j’ai vu le docteur Muyembe à l’œuvre, soutenu au quotidien par une figure majeure de la région : l’extraordinaire abbé Joseph Guya Embeng. Cette année-là, aux côtés d’autres prêtres de la Procure de Kikwit — parmi lesquels les abbés Guya, Loso et Mbuluku —, nous fûmes alarmés par des rumeurs faisant état d’une maladie mystérieuse au quartier Poto- Poto. Une famille entière issue du peuple Bayansi venait d'être décimée. La population soupçonnait déjà un agent pathogène d’origine forestière, potentiellement transmis par la consommation de viande de singe. C’était en février.
    Un mois plus tard, la cadence des décès s’accéléra de manière alarmante, touchant cette fois l’Hôpital de Kikwit II, surnommé la « Maternité de Kikwit II ». Plusieurs infirmiers de cette institution y laissèrent la vie, avant que l’onde de choc n’atteigne l’Hôpital général de Kikwit, où toute l’équipe de la salle d’opérations fut littéralement décimée en un temps record. Dès lors, le doute n'était plus permis : face à la densité démographique de Kikwit, une hécatombe généralisée était à craindre. Que faire ? À cette époque, j’exerçais comme curé à la mission catholique de Bengi, non loin de Bulungu.

    De la détresse locale au Quartier Général de la science mondiale
    Devant l’émoi et le désespoir qui s'étaient emparés de la ville, Monseigneur Édouard Mununu,
    appuyé par l'intrépide abbé Joseph Guya, lança un appel à l’aide retentissant à destination de la communauté nationale et internationale. L’abbé Guya interpella personnellement le docteur Muyembe, lui demandant de descendre d’urgence sur le terrain. C'est dans ces conditions dramatiques que le scientifique arriva au chevet d’une ville menacée d’extinction.
    Le docteur Muyembe et son équipe de Kinshasa furent entièrement pris en charge par le diocèse.
    L’abbé Guya veillait scrupuleusement au bien-être de son invité, conscient de la dangerosité extrême de la situation et de l'importance de cet hôte de marque. Le professeur Muyembe, lui- même lucide face au péril, confirma rapidement par ses analyses l’incrustation du virus de la FHV dans la ville. Il intégra immédiatement l’ensemble des leaders d’opinion locaux à sa stratégie pour mener une riposte rapide, misant sur les mesures de prévention, unique rempart capable de briser la chaîne de transmission.

    Plus tard, une impressionnante équipe de spécialistes venus des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France, d’Afrique du Sud, de Belgique et de Norvège rejoignit le front. Tous opérèrent sous sa direction directe depuis la Clinique de Kikwit, transformée pour l'occasion en Quartier Général de la communauté scientifique mondiale. Kikwit devint alors, temporairement, le centre de l'attention internationale. La presse du monde entier y afflua pour couvrir le désarroi de la cité et le travail acharné des chercheurs.
    Les multiples interviews accordées par le professeur Muyembe scellèrent sa notoriété planétaire. Sa célébrité explosa véritablement lorsqu'il proposa, pour la première fois, un protocole thérapeutique efficace basé sur l’injection du sérum de patients convalescents ayant survécu à l'infection. Grâce à cette innovation, plusieurs malades placés en quarantaine au pavillon 3 de l’Hôpital général, alors funestement surnommé le « Mouroir », furent sauvés.

    Depuis ce laboratoire de crise à Kikwit, la renommée du professeur Muyembe n'a cessé de grandir, trouvant son couronnement légitime le 27 juin dernier au Palais présidentiel du Mont- Ngaliema à Kinshasa. Depuis 1998, le professeur Muyembe Tamfum, microbiologiste et virologue de génie, dirige avec distinction l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa, au Kongo. Je lui adresse ici toutes mes félicitations.


                                                                                                                                             Pr Pini-Pini Nsasay, PhD Université de Bandundu

    DIFULULUKA DIA KONGO – CAPSULE 1

    Mbote bandeko, bampangi, bana beto, andugu wa penzi. Je suis heureux d’être avec vous en ce moment pour quelques réflexions sur notre pays dans une nouvelle série des capsules que j’intitule DIFULULUKA DIA KONGO en langue Tshiluba. Restez avec moi et vous allez vite savoir de quoi il s’agit.
    Je suis Pini-Pini Nsasay, docteur en sciences politiques, professeur d’universités et chercheur, auteur de nombreux ouvrages et articles scientifiques.
    Mais avant de commencer, permettez-moi de rendre un hommage mérité à un frère, un ami, qui vient de nous quitter. Il s’agit de Roland Lumumba Okito. J’ai connu Roland en 2022 à l’occasion du Colloque international de Kinshasa sur nos biens culturels spoliés et volés. À cette occasion nous avons eu des échanges très fructueux qui se sont poursuivis par la suite. Roland m’avait donné son numéro personnel pour que je puisse le joindre à n’importe quel moment. Et s’il arrivait qu’il ne pouvait pas décrocher, il me rappelait tout de suite après. Une fois, il m’avait reçu chez lui en compagnie du professeur Bilolo Mubabinge. Cela avait été un moment plein d’émotion pour moi car je voyais pour la première fois la maison de leur papa, notre papa à tous désormais, cette maison qui fait partie de notre histoire. Lorsque les bandits avaient vandalisé le mausolée de notre héros national, je lui avais téléphoné tout de suite pour en savoir plus. Il avait confirmé les faits, mais m’avait rassuré que la dépouille n’avait pas été touchée et qu’elle était en lieu sûr.
    Je retiens de Roland que c’était un homme très simple, abordable, consciencieux, aimable, agréable et très respectueux des autres. Merci Roland pour tout. Nous ne t’oublierons jamais.

    Je voudrais aussi rendre hommage à notre gouvernement pour la construction de la nouvelle belle université de Kananga. En tant qu’enseignant cette réalisation me réjouit. Car elle va servir à
    mieux former notre jeunesse congolaise venant de tout notre pays. En effet les universités sont des lieux où s’illustre le mieux notre unité nationale. Toutes nos universités reçoivent des étudiants de partout. À l’université de Bandundu nous avons des étudiant qui viennent du pays des Barega en Ituri. D’autres viennent de Mbandaka, de Boma, de Kananga ou de Mbuji-Mayi. Les étudiants Baluba, pour parler d’eux, constituent même un grand groupe à l’Uniband. Je leur dis à tous qu’ils doivent être fiers d’être Congolais et que Bandundu c’est chez eux. C’est pour cela que je suis très content de ce travail de notre gouvernement à Kananga.

    Et j’espère, comme beaucoup, que cela va se poursuivre et couvrir ainsi l’ensemble de notre territoire national, c’est-à-dire l’entièreté de nos 540 universités.
    Les nouvelles capsules que j’inaugure aujourd’hui vont porter essentiellement sur notre pays.

    Je les intitule Difululuka dia Kongo. De quoi s’agit-il ?

    À suivre…

                   Le Prof. Pini-Pini NSASAY nous parle :  
                      
    Difululuka Dia Kongo

    Le nouveau livre que nous propose le Prof. Pini-Pini NSASAY

    DIFULULUKA DIA KONGO – CAPSULE 2

    Mbote, moyo wenu, habari muzuri, mbolo. C’est une joie pour moi de me retrouver avec vous pour cette deuxième capsule de notre entretien intitulé Difululuka dia Kongo. Avec votre aimable bienveillance, hier j’avais commencé par rendre hommage à Roland Lumumba qui nous a quitté.
    J’ai également remercié notre gouvernement pour la construction de la toute nouvelle université de Kananga qui fait notre fierté.
    Aujourd’hui nous entrons dans le vif du sujet. Difululuka dia Kongo. Difululuka dia Kongo en langue Tshiluba veut dire renouveau, renaissance du Kongo. Quand nous parlons de renaissance du Kongo ou nouvelle naissance, cela veut dire qu’il y a déjà eu une naissance avant la présente comme celle qui arrive avec les poussins par exemple. Il faut qu’il y ait une poule née avant pour que les poussins, nouvelles poules, naissent. Autrement il ne peut avoir des poussins. C’est pareil avec toutes les espèces animales, y compris les humains. Pour le cas du Kongo, sa renaissance attendue fait appel à sa naissance antérieure. Car c’est ce Kongo antérieur qui peut donner naissance au nouveau Kongo. Quel est-il ? Quand est-il né ?
    Certains affirment que le Congo serait né en 1885 à Berlin en tant qu’État Indépendant du Congo (E.I.C.). Dans ce cas le Congo qui doit renaître devra restituer ce Congo-là, c’est-à-dire le Congo de Léopold II, roi des Belges, venu d’Allemagne. Or l’E.I.C. n’est pas congolais mais belge.
    L’E.I.C. a été constitué comme société commerciale et non comme pays. C’est donc un fait belge, réalisé dans l’intérêt des Belges. On l’a aussi appelé Congo-Belge.
    La question est de savoir comment un fait belge, d’initiative belge, peut-il devenir congolais ? Un fait belge, essentiellement belge comme l’E.I.C. ou le Congo-Belge ne peut pas se métamorphoser pour devenir congolais comme un serpent ne peut pas se métamorphoser pour devenir poussin. Le petit du serpent est un serpent. Le petit de l’E.I.C. ne peut être qu’un E.I.C.
    L’E.I.C. ne pouvait donc accoucher que l’E.I.C. En effet le Congo-Belge est son émanation. Celui- ci à son tour ne pouvait qu’accoucher d’un nouveau E.I.C., son petit-fils. Et ce nouveau E.IC. c’est notre actuelle République Démocratique du Congo (R.D.C.). En réalité l’acronyme R.D.C. est le reflet de l’E.I.IC. On peut même dire que la R.D.C. égale l’E.I.C.
    En effet, comme l’I.I.C., la R.D.C. a comme langue officielle le français. Comme l’E.I.C, la R.D.C. a comme monnaie le Franc Congolais. Comme l’E.I.C., la R.D.C. a comme drapeau, le bleu étoilé des États esclavagistes du sud des USA. Comme l’E.I.C., la R.D.C. a un régime
    politico-administratif fortement centralisé. Comme l’E.I.C. expédiait toutes les richesses congolaises en Belgique et ailleurs en Europe, y compris aux USA, la R.D.C., elle aussi, brade toutes les richesses du pays et les expédie à l’étranger. Le peuple congolais de la R.D.C. subit exactement les mêmes exactions que sous l’E.I.C. : viols massifs, vols systématiques de tout bien, génocides répétitifs, humiliations, etc. L’indépendance de la R.D.C. n’est qu’un slogan, elle est en réalité l’E.I.C. bis.
    Ainsi donc la renaissance du Congo né en 1885 est le retour visible de l’E.I.C. pour le malheur du peuple congolais. Mais ce n’est pas cela que veut le peuple. Il attend autre chose. Il attend une renaissance vraie. La renaissance qui en appelle à une naissance vraie, celle du Kongo ya Bakoko, Kongo ya bambuta, Kongo wabakambwa betwu. De quoi s’agit-Il ?

    À suivre …

    Globalisation et désenclavement de l’Afrique

                Diagnostic exogène de la crise africaine

    ARTICLE

    Prof. Pini-Pini NSASAY

    De l’avis de nombreux auteurs, la crise africaine est multidimensionnelle et touche toutes les activités importantes de la vie humaine. Il s’ensuit un immobilisme dangereux qui hypothèque la survie du peuple de ce continent. Comment expliquer une situation aussi inédite à notre époque où il est de plus en plus question de prospérité et de vie heureuse grâce à la mondialisation/globalisation qui donne à la mobilité une dimension inédite ? Pourquoi alors que les nouvelles clés ouvrent des perspectives aussi inédites au reste du monde, l’Afrique dépérit-elle ? Serait-ce un problème endogène ou une volonté mortifère exogène ? Tel est l’objet de cette étude. Avant d’aborder la problématique actuelle, en nous référant à certains témoignages historiques, nous allons démontrer ce que fut l’Afrique dans le concert des nations anciennes et le rôle qu’elle a joué pour l’avènement de la première globalisation. Cette perspective historique démontrera la pertinence de notre propos concernant la situation actuelle d’expulsion du processus de globalisation nouvelle subie par l’Afrique. Ce qui pose le problème de l’avenir du continent. Cet article se divise en deux parties. La première décrit brièvement la crise africaine. La seconde montre le processus qui a amené au blocus actuel de l’Afrique et à son extraction de la globalisation ambiante.
    Jean-Pierre Kaya (2017, p. 12-13) définit la crise africaine comme étant la crise de la personnalité africaine dont les manifestations sont la pauvreté, les maladies…

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    Croisade de l’Europe christianisée contre l’Afrique ancestrale

    Pini-Pini Nsasay

    Croisades 1  - Salon du livre Genève.jpg

    Ceci n’est pas du tout nouveau. C’est le mode opératoire des colonialistes, esclavagistes et autres chasseurs d’hommes européens en Afrique depuis le 16ème siècle. C’est pourquoi cet ouvrage essaie de répondre à la question de savoir pourquoi les Européens du pouvoir ont-ils un tel agissement vis-à-vis de leurs semblables, à savoir la négation pure et simple de leur vie ? Car l’argument de l’inhospitalité du sol européen ou bien celui de la recherche de matières premières pour les industries ou bien encore celui de l’avance technique et technologique comme justificatifs possibles sont non seulement insuffisants, mais tout simplement ridicules.
    Cet ouvrage révèle au contraire que c’est à partir du 4ème siècle que le tournant s’est opéré avec l’apparition du christianisme romain sous Constantin 1er. C’est l’apparition de l’ère vulgaire, l’ère de la destruction de l’héritage ancestral millénaire, époque du premier génocide chrétien contre les Egyptiens.

    La problématique de la tragédie congolaise est diversement interprétée. Il est souvent question d’une insécurité chronique à cause de la taille du pays et de ses richesses, mais surtout à cause de sa tradition ancestrale, mauvaise, sauvage. Il serait pourri jusqu’à l’os et il n’y aurait rien à faire. Le présent ouvrage ne partage pas ce point de vue si stigmatisant et méprisant. Il affirme au contraire que le Congo n’est pas une terre de violence pas plus que n’importe quel autre territoire du monde. Bien plus la population qui vit sur ce territoire est la première du monde à avoir vu le jour. Elle a élaboré un système de vie harmonieux, sans prison ni police, a multiplié des découvertes et des inventions dont le monde se sert comme la première tablette mathématique découverte à Ishango, datant d’au moins 20.000 ans, qui est l’ancêtre des codes barres et des tablettes numériques. Elle a donc une autre tradition que la violence. En réalité elle est victime et non instigatrice. Ce livre approfondit donc cette
    question de violences et révèle les véritables coupables, à savoir les élites dirigeantes occidentales, leurs multinationales ainsi que leurs gouvernements qui veulent isoler le Congo et toute l’Afrique pour en faire leur réserve des matières premières. Ils utilisent leurs nègres de service pour vider le continent de ses populations par des guerres incessantes, des massacres permanents, des épidémies entretenues ou des déplacements forcés.

    Car à partir de ce moment et plus encore au 11ème siècle qu’un pouvoir d’un genre nouveau s’est instauré en Europe ; pouvoir divin ne répondant que de Dieu seul que personne ne voit ni n’entend, Dieu étant en réalité le pape hissé mécaniquement au niveau divin.

    C’est l’avènement du pouvoir dit des clés du royaume, ou pouvoir de lier et de délier, la dictature papale dont le socle est l’impunité et la conséquence l’exclusion de la majorité au profit d’une petite minorité qui la soumet. C’est ledit règne du royaume des cieux.
    Ce pouvoir a profondément bouleversé le visage politique de l’Europe en y instaurant un règne de terreur inédit. La soumission ou le bucher. Règne de l’inquisition qui a duré sept siècles. Les papes ont ainsi isolé l’Europe et façonné un type d’homme nouveau, le chrétien ou l’homme soumis à la volonté papale.

    Ce pouvoir devenu dermatologique s’est étendu à la couleur de la peau des Européens, devenus “Blancs“, désormais mis-à- part et poussés au-dessus de tous les autres hommes offerts, eux, en pâture, comme ennemis de Dieu à anéantir, la terre ne leur appartenant pas. C’est donc une véritable machine de guerre que la papauté déploie et qui va à l’assaut du monde en y déversant une violence inouïe. Elle répand la croisade partout.

    C’est un éclairage nouveau sur la terrible mise-à-mort du peuple congolais en particulier. Il apporte aussi des solutions nouvelles. Ainsi, plus que lesimple refus des rites et autres pratiques du christianisme comme cela se remarque actuellement en Europe, ce livre préconise le rejet total de l’idéologie du royaume des cieux et appelle à l’autodissolution du christianisme romain pour le retour à un monde humain et harmonieux. Concernant l’avenir immédiat de l’Afrique où le christianisme s’est implanté par la confiscation des territoires des autochtones, l’ouvrage préconise que cesterritoires soient rendus à leurs propriétaires traditionnels et que les entités missions et diocèses soient supprimées. Quant à la vie politico- administrative, il propose de faire justice aux ancêtres en remettant le village,lieu traditionnel de vie, au centre du projet politique et d’opter pour l’heureux fédéralisme ancestral en suivant les grandes entités culturelles comme les Kongo, Luba, Ngala et Swahili pour l’Empire Kongo-Katiopa.

    La situation actuelle du Congo et de l’Afrique en général entre dans cette ligne de compte. C’est le cycle des croisades débuté au 4ème siècle en Egypte qui se poursuit. L’épisode actuel vécu par les populations congolaises et
    africaines est un de plus et non un cas unique, encore moins isolé.

    Les croisades persévèrent parce que les Européens, légats du pape, proclamés fils de Dieu et propriétaires de la terre entière, ayant acquis le droit sacré
    de tuer, jouissent toujours d’une totale impunité au nom de la civilisation. D’autre part le règne de Dieu envisagé n’est rien d’autre que le monde artificiel de la science. Or la caractéristique de l’artificiel est de ne rien créer, mais de supplanter le réel et de l’étouffer. Bien plus, la science conduit à l’industrie ou la production non stop des objets à partir des matières premières produites par la nature, qu’elle épuise très rapidement. Mais la demande étant toujours croissante et l’industrie devant toujours disposé de plus de matières premières, cela conduit à aller plus loin, à conquérir les territoires d’autrui, à soumettre celui-ci et à l’exploiter. D’où les massacres inouïs, les crimes massifs, les viols, les razzias et la traite des Africains, l’esclavage, la colonisation, les zoos humains, la surexploitation, le capitalisme, le néo-capitalisme et le néo-colonialisme.
    Cet ouvrage permet d’établir le lien entre la tragédie congolaise, africaine, et la prétention du christianisme romain de refaire le monde débouchant sur des massacres des peuples entiers.

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