
Le nouveau livre sur le marché que nous propose le Prof. Kentey Pini-Pini Nsasay
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Section: Mes Publications
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Professeur d'université doté d'une expérience confirmée de conférencier et d'écrivain.
Capacité de provoquer l'intérêt réel des étudiants pour la matière afin de bien faire comprendre les informations et d'élargir leurs horizons. Orateur éloquent doté d'excellentes compétences en matière de tenue de dossiers et de tutorat.
Voici l'introduction du livre "Tribunal de l'Histoire africaine"

Depuis le début du mois de février 2024, l’actualité politique en Belgique est dominée par la volte-face spectaculaire du Parlement qui refuse la publication des travaux de sa propre commission spéciale sur le passé colonial. Ainsi deux années de travail assidu avec à la clé un document de 700 pages et 128 recommandations sont jetées à la poubelle. Ce que le parlement refuse c’est la mention visant la restitution des objets d’art volés, les excuses à adresser aux populations colonisées pour les exactions et les massacres infligés, le racisme systémique, les discriminations, le rôle de divers acteurs dont l’État, la famille royale, l’Église catholique, les entreprises et les individus, etc. Il craint de devoir indemniser les victimes et préfère maintenir le statu quo suivant la ligne défensive mise en place par le Roi Léopold II lui-même[1].
Le présent ouvrage est un réquisitoire contre cette attitude qui encense l’impunité et favorise le maintien du régime de domination coloniale. Il est écrit à l’occasion du centenaire de la mort d’Edmond Dene Morel (1924-2024), humaniste du XXème siècle et défenseur du peuple congolais. Hommage lui est rendu de par son propre agir qui fut de joindre à son combat les autres héros de la liberté et de l’humanisme. Les auteurs et acteurs repris dans ce recueil, à travers leurs écrits puissants, ont mis en lumière une des pages parmi les plus sombres de l'histoire humaine récente, à savoir la tragédie africaine. Comme Morel, ils sont, eux aussi, les éternels gardiens de la mémoire parce que leurs écrits maintiennent vivants des faits qui ont assombri et ruiné l'heureuse trajectoire africaine.
La trame qui a guidé la rédaction de ce livre est l'ambivalence, l'opposition entre ces deux forces contraires, à savoir la construction d'un côté, le remarquable travail de nos ancêtres et de l'autre côté, la destruction réalisée par des occupants venus de l'étranger, en l'occurrence de l'Asie musulmane (Proche et Moyen Orient) et de l’Asie christianisée (Europe). À ces auteurs, ce livre donne la parole. Leurs prises de position courageuse a permis et permet encore à l’Afrique et ses peuples de rester debout. Car ils les ont défendus et les défendent encore, démontrant ainsi la puissance de l’écrit face aux adversaires même lourdement armés.


Dans cet ouvrage tous convoquent l’Europe christianisée à la barre du tribunal de l’histoire. Ils l’obligent à répondre au réquisitoire des victimes de ses massacres et crimes en Afrique ancestrale, plus particulièrement en Afrique centrale, berceau de l’humanité. Leur talent dresse un réquisitoire éloquent au nom de toutes les victimes connues et inconnues. Ces accusations étaient nécessaires sans quoi les crimes inédits qui ont pris des proportions inouïes à partir du XIXe siècle auraient été passés sous silence. En effet, si pendant longtemps, l’exploitation des richesses africaines fut difficile pour l’Europe christianisée, le XIXème siècle lui avait ouvert la porte longtemps fermée. « Il y a là, exultait H.M. Stanley, des richesses énormes qui attendent le chemin de fer destiné à les recueillir. J’en avertis le commerce et suis persuadé que l’avertissement ne sera pas perdu »[2]. C’était une voie toute tracée car le rouleau compresseur n’allait pas tarder à se mettre en place.
À partir de 1877, date de la fin de la première traversée par Henri Morton Stanley du territoire africain d’Est à l’Ouest, reliant ainsi l’Océan Indien à l’Océan Atlantique, le malheur de l’hinterland du bassin du Congo, longtemps contenu, allait commencer avec son lot de massacres, de meurtres et de crimes de masse. Dès ce moment, le grand fleuve au cœur de l’Afrique rejoignait le triste sort des fleuves Saint-Laurent, Mississippi, Missouri et Amazone qui, ne présentant aucun obstacle, avaient offert leurs peuples respectifs à la cruauté des Européens christianisés qui n’ont pas tardé à les exterminer. Le fleuve Saint-Laurent en Amérique du Nord comme le fleuve l’Amazone en Amérique du Sud, véritables boulevards commerciaux, avaient permis aux christianisés européens de pénétrer sans difficultés jusqu’au cœur des contrées avec d’énormes prix à payer pour les peuples qui y vivaient depuis fort longtemps. Contrairement à ces fleuves, le Kongo était sauvegardé et avait pu sauvegarder par le même fait ses peuples, grâce à son verrou protecteur, l’obstacle millénaire, cyclopéen, à savoir le bourrelet gigantesque qui constitue le bord de la cuvette centrale[3].
Sur une profondeur d’environ 350 kilomètres, et de part et d’autre, entre Kinshasa et Matadi, l’entrée du fleuve était barricadée, cadenassée, verrouillée par l’infranchissable succession de rapides et de cataractes. A partir de Kinshasa, ses eaux, 43.000 mètres cubes par seconde, se ruent dans une étroite déchirure, un entonnoir, véritable canon profond de 300 mètres empêchant toute navigation commerciale et interdisant toute entrée non désirée constituant ainsi l’invincible obstacle qui a gardé inviolés ses secrets et sauvegardé ses peuples jusqu’à la date fatidique de 1877[4].
Dès ce moment, la clé politique et commerciale de l’Afrique centrale était désormais trouvée pour satisfaire l’appétit insatiable de l’Europe christianisée prête à massacrer et à anéantir tout obstacle, y compris les peuples héritiers, susceptibles de lui barrer la route. Ce que défendait fièrement Jules Verne : « Ce globe conquis par nos pères, au prix de tant de fatigues et de dangers, c’est à nous qu’il appartient de l’utiliser, de le faire valoir. L’héritage est trop beau pour n’en point tirer parti ! A nous, par tous les moyens que le progrès des sciences met à notre disposition d’étudier, de défricher, d’exploiter ! Plus de terrains en jachère, plus de déserts infranchissables, plus de cours d’eaux inutiles, plus de mers insondables, plus de montagnes inaccessibles ! Les obstacles que la Nature nous oppose, nous les supprimons. Les isthmes de Suez et de Panama nous gênent : nous les coupons...Voilà notre tâche, à nous autres contemporains »[5].
L’histoire qui est racontée dans ce livre est celle de la première tentative d’extermination ratée des peuples de l’Afrique centrale principalement à partir du XIXème siècle non sans oublier le sort qui fut réservé aux mêmes peuples dès le XVème siècle dont le XIXè ne fut qu’une suite logique.
Deux parties le composent. La première, l'Afrique centrale au cœur des massacres, s’appesantit sur cette partie du continent sur laquelle s'abattent, depuis plus de six siècles, des violences abjectes avec leurs lots de morts innocents, enfants, vieux, jeunes, hommes et femmes. Rien n'arrête l'hécatombe jusqu'aujourd'hui. « Les chiffres sont maintenant encore plus élevés, ce sont six à dix millions de personnes qui ont été tuées en RDC, un nombre à peu près équivalent à celui des victimes du roi des Belges Léopold II au début du XXème siècle »[6]. Comment comprendre cela au XXIèmesiècle ? Il apparaît que le sort réservé actuellement au peuple congolais est exactement le même que celui qui lui fut réservé au XIXème, au XXème siècle et avant, à partir du XVème siècle. Le cadre reste constant car le but poursuivi n’a pas changé. Ces massacres continuels sont comme pour lui rappeler qu'il doit dégager à tout prix de sa terre ancestrale natale. Exactement comme ce fut le cas déjà à la fin à partir du XVème siècle où le peuple de la côte ouest-africaine a été purement et simplement déporté par millions vers des terres inconnues car il n’était pas chez lui là où il était, il n’avait pas de chez lui sur la terre, aucune portion de celle-ci ne pouvait lui appartenir, Dieu l’ayant écarté, exclu, maudit, suivant les mots de Victor Hugo.
« Au dix-neuvième siècle, le Blanc a fait du Noir un homme ; au vingtième siècle, l'Europe fera de l'Afrique un monde. Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L'Europe le résoudra. Allez, Peuples ! emparez-vous de cette terre. Prenez-la. A qui ? À personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes, Dieu offre l'Afrique à l'Europe. Prenez-la…Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! faites des routes, faites des ports, faites des villes ; croissez, cultivez, colonisez, multipliez ! »[7].
Mais si le crime de la déportation forcée s’est déroulée en silence, il en a été tout autrement des massacres du XIXème siècle. Ils ont très vite été dénoncés. Des ouvrages ont tiré la sonnette d'alarme pour réveiller la conscience du monde face au massacre qui avait cours au Congo. Le risque de ce qui s’était déjà passé en Amérique était imminent. Car la prétendue mission civilisatrice divine était son exact contraire du fait que si l’on considère la nature exacte desdits bienfaits souligne De Boeck, « la théorie même du droit de bienfait mène à affirmer que son autorité n’avait rien de légitime, qu’elle ne se basait que sur la force, l’oppression et la cruauté »[8]. Hélas cette sonnette n’a guère été entendue comme le témoigne le retour fulgurant des massacres dans ce même pays. Ce qui démontre non seulement qu'aucune leçon n'a été tirée, mais qu’elle demeure un non-sens dans la logique de la conquête de l’Europe christianisée. Pourquoi ? Les différents livres recensés abordent cette terrible question de l'holocauste congolais avec des réponses et des solutions propres à chacun d'eux.
Le premier chapitre qui ouvre ce recueil parle de la première tragédie survenue en Afrique centrale. Le livre, “Esclavages et traites négrières en Afrique centrale : mémoires et héritages. Une perspective pluridisciplinaire“, traite de l'une des phases parmi les plus sombres de l'histoire du continent. Il s'agit de la période entre le XVème et le XIXèmesiècles. Comme le souligne le professeur Jacques Fame Ndongo, « Pour les sociétés africaines il est difficile de comprendre leur trajectoire historique sans prendre en compte ces quatre siècles tragiques qui vidèrent le continent et brisèrent son évolution, préparant d'autres défaites à travers l'impérialisme et la nuit coloniale... La traite négrière fut avant tout la négation des droits humains les plus élémentaires aux Noirs »[9].
Et voilà qui amène au XIXème siècle où l’Afrique entre dans l’ère des ténèbres imposées par l’Europe christianisée. Un ouvrage retentissant au titre aussi évocateur nous introduit dans la longue nuit sans lune ni étoiles, la nuit si noire, survenue à l’Afrique. C’est le livre « Au cœur des ténèbres » de Joseph Conrad, publié en 1902, un ouvrage qui a eu un retentissement planétaire. C'est le deuxième chapitre. L'auteur y dévoilait déjà ce qui se passait sur le territoire du Congo alors sous le contrôle absolu du roi des Belges Léopold II et du peuple européen. L'épisode le plus épique de ce livre demeure celui des dizaines des têtes des Congolais hissées sur des pieux entourant la demeure du personnage Kurtz, figure des administrateurs belges. Pour justifier son forfait, ce monstre disait que « nous les Blancs, du fait du degré de développement auquel nous sommes parvenus, devions nécessairement paraître à leurs yeux (ceux des sauvages) sous les espèces d'être surnaturels – nous les abordons avec une puissance quasi divine... Par le simple exercice de notre volonté, nous pouvons mettre en jeu un pouvoir pratiquement sans limites au service du bien »[10]. Le bien en question était l'exact contraire de ce qu'il devait être. Car le bien c'était les crimes, les assassinats, les meurtres, les massacres de masse, les tueries en tout genre. Ce qui a fait dire à Conrad que c'est l'Europe entière qui avait engendré Kurtz, le civilisateur, lequel avait investi le territoire du Congo comme figure du monstre. Il faut dire que la situation désastreuse du peuple congolais dépassait tout entendement. C'est pour cela que les auteurs l'ont dénoncé avec véhémence.
Arthur Conan Doyle, célèbre romancier anglais, y a pris part en faisant parler les acteurs de terrain et les défenseurs des droits humains d'Angleterre et des États-Unis parmi lesquels le plus grand humaniste du XXème siècle, Edmund Dene Morel, infatigable défenseur du peuple congolais dont nous célébrons cette année le centenaire de sa mort. C'est le troisième chapitre, « Le crime du Congo ». Doyle décrit, non plus dans un roman mais un livre historique, une des méthodes d'exaction venue tout droit de l'inquisition papale et reconnue comme telle pour sa cruauté inédite. « La chicotte en peau d'hippopotame cru – surtout quand elle est neuve, fine comme un tire-bouchon, avec les bords comme des lames de couteau, et aussi dure que du bois – est une arme terrible, et il suffit de quelques volées pour faire couler le sang »[11]. Le chapitre 4 de cette partie renforce davantage cette argumentation. Car l'ouvrage choc d'Adam Hochschild, « Les fantômes du roi Léopold. La terreur coloniale dans l’État du Congo, 1884-1908 », reste un best-seller dans le domaine de la dénonciation du mal congolais inauguré par le régime sanguinaire de Léopold II, de la Belgique et de l’Europe entière au Congo. Cet ouvrage de légende rend un hommage mérité à Edmund Dene Morel, à toute son équipe, ainsi qu'aux autres militants anticolonialistes dont des Américains d'origine africaine, Georges William Washington et William Sheppard, ainsi que le Nigérian Hézekiel Andrew Shanu. Le martyr du peuple congolais, même s'il perdure jusqu'à présent, est dénoncé depuis le début de sa mise en place avec le fameux faux « État Indépendant du Congo » qui se recycle en permanence au travers des dictatures nouvelles qu'il inspire continuellement. C'est bien ce recyclage permanent des massacres que dénonce Joseph Sagahutu dans son livre retentissant, « Espérer contre toute espérance. Témoignage d'un rescapé des massacres de religieux en RD-Congo »[12]. Ce livre sur la crise rwandaise exportée au Congo, est un cri de cœur qui rappelle que la dictature au Congo, inaugurée par Léopold II, continue avec ses millions de victimes innocentes. Pour tuer un peuple et prendre sa place dans quelques décades, affirme C.A. Diop, il ne faut pas seulement tuer, massacrer avec des armes à feu, mais il faut aussi en même temps « arriver à désintégrer sa société, c'est-à-dire, amener l'élite – ou ceux que la masse considère comme y appartenant – à participer d'une façon criminelle ou innocente à la désintégration de la société, à la pulvérisation de la partie vivante du passé, à laisser périr les valeurs fondamentales (Histoire, langues etc.) qui constituaient le ciment de la société »[13] ; en d’autres termes à tout falsifier, mettre tout sens dessus dessous, effacer.
C’est l’objet de la deuxième partie de ce livre que j’intitule ainsi : « Croisade contre les falsifications historiques ». Elle reprend des écrits puissants sur les mensonges et les falsifications contre le travail des Africains. Car l'horrible œuvre des massacres ne concerne pas que les meurtres physiques, mais également la destruction de la spiritualité dont les falsifications historiques font partie. Et pourtant les Africains ont réalisé patiemment un travail éloquent durant des millénaires[14] qu'il convient de remettre en lumière en tant que première réalisation humaine connue dans l'histoire comme l'a si bien rappelé Cherubini. « On croyait dans l'antiquité, que c'est au Soudan-Méroïtique que l'humanité a pris naissance et on en donnait les raisons suivantes : la race humaine devait y être considérée comme spontanée et ayant pris naissance dans les régions supérieures de l'Éthiopie où les deux principes de la vie, la chaleur et l'humidité, se trouvent combinés au plus haut degré. C'est aussi dans cette région que les premières lueurs de l'histoire nous montrent l'origine des sociétés et le foyer primitif de la civilisation. Dès une antiquité qui devance les calculs ordinaires de la critique historique, apparaît une organisation sociale, complètement réglée, avec sa religion, ses lois et ses institutions. Les Éthiopiens se vantaient d'avoir les premiers établi le culte de la divinité et l'usage du sacrifice. Là aussi se serait allumé le flambeau des sciences et des arts. C'est à ce peuple qu'il faudrait attribuer l'invention de la sculpture, l'emploi des caractères d'écriture et enfin l'origine de tous les développements qui constituent une civilisation avancée »[15].
Cette remise en lumière en appelle à la reconnaissance et au respect du travail d'autrui. C’est pour cela que ce qui a été fait en termes de falsifications de l'histoire africaine est inacceptable. Cela est non seulement injuste, mais stupide, immoral, indécent. Un travail humain, comme celui-là, ayant nécessité du temps, de l'engagement, de la volonté, des efforts considérables, des abnégations et des renoncements multiples, doit être respecté. Même si le travail de certains est à l'opposé des efforts humains de construction et a entraîné un cycle de violences inouïes, c'est bien grâce aux efforts incessants de beaucoup, à leur volonté farouche de vaincre les difficultés, de relever les défis, d’établir des diagnostics précis, que nous sommes là en tant qu’humains, bantu. Il n'existe pas, en effet, de société qui n'ait pu rien faire et qui ait ainsi vécu durant des millénaires. Au contraire « toutes les sociétés, passées et actuelles, ont contribué et contribuent au patrimoine commun de l’Humanité présente et à venir »[16]. La société africaine aussi évidemment. L' Égypte antique, qui fascine tant, fait partie de l'héritage africain, BuKam. Là-bas, depuis les débuts de l'archéologie, les chercheurs de partout s'y retrouvent « dans l'unique but de se procurer son savoir, d'essayer de comprendre un tel génie et de le mettre à profit afin d'en tirer un quelconque avantage »[17].
C'est pour cela que Cheikh Anta Diop, dans son livre « Nations nègres et culture », s'est insurgé contre les falsifications et les mensonges qui tendent à désapproprier l'Afrique de son héritage ancestral et à la pousser dans des retranchements ridicules derrière le mur de l'ignorance cousue de toutes pièces. D'où sa recommandation légendaire faite aux Africains de rattacher leur culture à l' Égypte antique et de bâtir une culture moderne à partir d’elle. « C'est par ce contact dynamique, indiquait-il, que le Nègre arrivera à la conviction profonde que ces temples, ces forêts de colonnes, ces pyramides, ces colosses, ces bas-reliefs, ces mathématiques, cette médecine, toute cette science, sont bien l'œuvre de ses ancêtres et qu'il a le droit et le devoir de s'y reconnaître totalement »[18]. C'est le cinquième chapitre.
Cet appel est toujours actuel. Car l'attitude tendant à la falsification, au mensonge et au dénigrement des peuples d'Afrique continue de la part du même groupe de personnes, visiblement mal intentionnées. C'est donc ce qui justifie l'ouvrage retentissant des savants autour du prêtre anthropologue Ntumba Muena Mwanza, « Querelle des Rites au 21ème siècle ? Le cas du rite congolais-kasaïen de la messe, paroisse Tshikapa Kele Budikadidi », pour défendre la culture BaLuba contre l'envahissement mortel du catholicisme romain. C'est le septième chapitre. Il est précédé par la recension de l'ouvrage de Kalamba Nsapo, « Théologie africaine : les grands courants de pensée de l'antiquité au 21e siècle », qui restitue la théologie à son berceau traditionnel, à savoir l'Afrique ancestrale que l'on avait tenté d'exclure de cette discipline. C’est le sixième chapitre.
Les arguments défendus dans ces trois derniers ouvrages sont fermes. Ils sont écrits avec une rigueur scientifique des plus solides. Car comme le proclame Cheikh Anta Diop lui-même « aujourd'hui la science est du côté des Africains et ce sont les peuples Négro-Africains qui ont intérêt à pousser l'idéologie jusque dans ses derniers retranchements en restant strictement sur le terrain scientifique... Sur ce terrain-là il ne faudra faire aucune concession »[19].









